Votre voiture ou votre moto n’a presque plus de valeur comme véhicule d’occasion ? Vous vous demandez combien vous pourriez en tirer au poids chez un ferrailleur ? Si vous remettez votre voiture à un ferrailleur, c’est pour qu’elle soit détruite et que ses matières soient valorisées, pas pour être remise en état puis revendue comme véhicule d’occasion. Dans ce cas, le professionnel doit aussi exercer dans le cadre réglementé des centres VHU. Certains ferrailleurs exercent également comme centres VHU. Selon leur organisation, ils peuvent être davantage orientés vers la valorisation des matières, mais certains démontent aussi des pièces destinées au réemploi. Toutefois, le simple fait d’être ferrailleur ne suffit pas à autoriser la prise en charge d’un véhicule destiné à la destruction. Comment vérifier que le professionnel est bien autorisé ? Et combien peut réellement rapporter une voiture vendue « au poids » ? On vous guide.
L’essentiel en 3 points
Une voiture remise à un ferrailleur est destinée à la destruction : le professionnel doit donc aussi avoir le statut de centre VHU pour pouvoir la prendre en charge légalement et vous remettre un certificat de destruction. Certains ferrailleurs cumulent ces deux activités, mais l’activité de récupération de métaux ne suffit pas à elle seule.
Il n’existe pas de tarif réglementé au kilo pour une voiture entière. Un centre VHU agréé peut vous proposer un prix de reprise, mais il n’y est pas obligé.
Une enseigne « ferrailleur », « rachat ferraille » ou même « rachat épave » ne permet pas de savoir si le professionnel peut prendre en charge votre véhicule pour destruction. Il faut vérifier qu’il exerce bien comme centre VHU.
Au sommaire
Combien vaut une voiture vendue à la ferraille ?
Sa valeur ne se calcule pas en multipliant son poids par le prix de la ferraille. Elle dépend surtout de ce que contient la voiture et de ce qu’elle va devenir.
Peut-on vraiment vendre sa voiture au poids ?
« Vendre sa voiture au poids » est une expression courante. On imagine faire peser sa voiture chez un ferrailleur et recevoir simplement la valeur correspondant à son poids de métal. En réalité, une voiture entière n’est pas un lot de ferraille déjà triée : elle contient différents matériaux à séparer et des composants dangereux à traiter et parfois des pièces encore réemployables. Si vous la remettez à un ferrailleur pour qu’elle soit détruite, celui-ci doit aussi exercer comme centre VHU. Le prix éventuellement proposé ne correspond donc pas à un simple calcul « poids du véhicule × prix de la ferraille ».
Le poids et le cours des métaux font-ils la valeur d’une voiture ?
En partie. Une fois un véhicule traité, certaines matières qu’il contient, notamment les métaux, peuvent être revendues à des acteurs du recyclage. Leur cours du moment influence donc la valeur économique d’un véhicule hors d’usage.
Mais le poids ne suffit pas. Une voiture mêle de l’acier, de l’aluminium, du verre, des plastiques et des fluides, et elle doit d’abord être dépolluée par un centre VHU agréé. Deux voitures de même poids peuvent avoir des compositions différentes et ne pas présenter le même potentiel de réemploi ou de valorisation. Une pièce en bon état sur un modèle courant peut servir à réparer un autre véhicule : elle vaut alors bien plus que son poids de métal.
La valeur dépend aussi de la complétude. Un véhicule complet conserve ses composants majeurs : la carrosserie, le groupe motopropulseur, le pot catalytique et, pour les véhicules électriques et hybrides, la batterie de traction.
Existe-t-il un prix au kilo pour une voiture ?
Non. Il n’existe pas de tarif unique qui permette de calculer la valeur d’une voiture en multipliant son poids par un prix au kilo. Les prix de la ferraille au kilo que vous trouvez en ligne concernent des métaux déjà triés, achetés en vrac. Ils ne permettent pas de déduire combien un ferrailleur ou un centre VHU reprend une voiture entière.
Même lorsqu’un véhicule est destiné au recyclage, il peut encore conserver une valeur. Le prix de reprise proposé par un centre VHU agréé se détermine généralement en fonction :
- de la composition et de la valeur des matières récupérables
- du cours des métaux
- de la complétude du véhicule
- et, selon l’activité du centre, du potentiel de réemploi de certaines pièces
Chaque véhicule étant différent, il n’existe aucun tarif réglementé pour le rachat d’un véhicule destiné à la destruction. Le montant éventuellement proposé dépend donc de la valeur que le centre estime pouvoir tirer du véhicule, en matières et, selon son activité, en pièces de réemploi.
Si vous souhaitez connaître les conditions économiques pour la prise en charge de votre véhicule, nous vous invitons à prendre directement contact avec l’un de nos centres VHU partenaires.
Peut-on mieux valoriser son véhicule en démontant et en en vendant certaines pièces avant destruction ?
Démonter des pièces sur son propre véhicule n’est pas interdit en soi. Cela peut notamment se faire si vous conservez le véhicule et en retirez certaines pièces pour votre usage personnel (les réutiliser sur un autre véhicule qui vous appartient). N’oubliez pas alors d’effectuer les démarches correspondant à sa mise hors circulation. En revanche, dès lors que vous destinez le véhicule à la destruction, le démontage des pièces en vue de leur réemploi ou de leur commercialisation relève de la filière réglementée des centres VHU.
Si vous avez décidé de faire détruire votre véhicule, mieux vaut le remettre complet* au centre VHU. Retirer les composants majeurs que sont le pot catalytique, le groupe motopropulseur ou la batterie de traction d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable, le rend incomplet au sens de la réglementation et peut faire perdre le bénéfice de la prise en charge gratuite. Et le véhicule perd toute valeur de reprise.
Consultez notre guide Comment vendre sa voiture pour pièces légalement ?
Ferrailleur, casse auto, centre VHU : qui peut reprendre votre voiture ?
Cela dépend de ce que vous voulez faire de votre voiture.
Vous la revendez comme voiture
Si votre véhicule peut encore être vendu comme véhicule d’occasion, vous pouvez le céder à un particulier s’il roule et si les conditions de contrôle technique sont remplies, ou à un professionnel auto-moto même s’il ne roule plus et/ou n’a pas passé le contrôle technique.
Dans les deux cas, le prix se négocie librement avec l’acheteur. Pour la vendre dans de bonnes conditions, consultez notre guide Comment vendre une vieille voiture ?, ou, si vous préférez la céder sans la réparer, Rachat de véhicule en l’état : comment ça marche ? Si vous le remettez à un ferrailleur, en revanche, c’est pour destruction : le professionnel doit donc aussi exercer comme centre VHU.
Vous décidez de la faire détruire
Elle devient alors un véhicule hors d’usage. Conformément à l’article R.543-155 du Code de l’environnement, le propriétaire d’un véhicule hors d’usage doit le remettre à un centre VHU agréé. En contrepartie, celui-ci a l’obligation de le réceptionner gratuitement, dans les conditions prévues par la réglementation. Un ferrailleur peut donc reprendre votre voiture pour destruction uniquement s’il exerce également comme centre VHU.
Ferrailleur et centre VHU : deux activités qui peuvent se cumuler
Un ferrailleur ou récupérateur de métaux achète, trie et revend des métaux et déchets métalliques. Cette activité ne suffit pas, à elle seule, à autoriser la prise en charge d’une voiture destinée à la destruction. Certains ferrailleurs exercent cependant également comme centres VHU agréés. Dans ce cas, ils peuvent légalement recevoir votre véhicule pour destruction, le dépolluer, orienter ses pièces et matières vers les filières de réemploi, de recyclage et de valorisation, puis vous remettre un certificat de destruction. Selon leur organisation, certains de ces centres sont surtout orientés vers la valorisation des matières, tandis que d’autres démontent aussi des pièces destinées au réemploi. Ce sont donc les activités réellement exercées par le professionnel et son statut dans la filière VHU qu’il faut vérifier, pas simplement le mot « ferrailleur » sur son enseigne.
Et la casse auto, l’épaviste ?
« Casse auto » et « épaviste » sont des termes courants, pas des statuts suffisants à eux seuls. Une enseigne « casse » ou « épaviste » ne garantit pas que le professionnel peut prendre en charge un véhicule pour destruction. Ce qui compte est qu’il exerce bien dans le cadre réglementé des centres VHU.
Un épaviste peut n’avoir comme activité que l’enlèvement et le transport des véhicules. Il peut conduire votre voiture jusqu’à un centre VHU agréé, mais c’est ce centre qui la prend en charge pour destruction et vous remet le certificat de destruction, sauf si l’épaviste est lui-même centre VHU agréé.
Attention aux faux professionnels
Une pancarte « rachat ferraille » ou « voitures au poids » ne prouve pas que le professionnel peut légalement prendre en charge votre voiture pour destruction. Certains acteurs exercent réellement une activité de récupération de métaux sans pour autant être habilités à prendre en charge des VHU. D’autres peuvent aussi se présenter abusivement comme épavistes ou casse auto. En leur cédant votre véhicule, vous prenez le risque :
- qu’il reste administrativement à votre nom
- qu’il soit revendu, remis en circulation ou exporté illégalement
- qu’il ne soit pas dépollué ni traité dans la filière légale
- de ne pas recevoir de certificat de destruction officiel
Le bon réflexe est donc de vérifier que le professionnel exerce bien comme centre VHU avant de lui remettre votre voiture pour destruction. Pour éviter cette vérification fastidieuse, vous pouvez rechercher directement un centre partenaire ou faire une demande de collecte sur le site de Recycler Mon Véhicule.
Comment vendre son véhicule à un centre VHU ?
Si vous destinez votre véhicule à la destruction, vous le cédez à un centre VHU agréé. Celui-ci peut vous proposer un prix de reprise, sans y être obligé. Lors de la prise en charge, vous signez les documents de cession et le centre vous remet un certificat de destruction.
Déposer son véhicule au centre ou le faire collecter : ce qui change
Vous apportez votre véhicule au centre
Le dépôt d’un véhicule complet* est gratuit. Le centre peut éventuellement vous proposer un prix de reprise, qu’il fixe librement. Pour trouver un centre partenaire près de chez vous, consultez la page « trouver mon centre VHU ».
Vous demandez une collecte via Recycler Mon Véhicule
Vous pouvez demander la collecte à domicile de votre véhicule. Recycler Mon Véhicule missionne alors un transporteur partenaire qui l’achemine dans un centre VHU agréé. La collecte est sans frais lorsque le véhicule est complet*, accessible à un véhicule de remorquage et déplaçable sur ses roues. Dans ce parcours, aucune valeur de reprise n’est versée au détenteur.
La prise en charge d’un véhicule complet* est gratuite dans les conditions prévues par la réglementation. Un prix de reprise, en revanche, n’est jamais garanti.
Quels documents fournir ?
Les documents à fournir dépendent de la situation de votre véhicule et du type de cession envisagé. Pour céder votre voiture pour destruction, prévoyez :
- votre carte d’identité
- le certificat d’immatriculation (carte grise), barré, daté et signé, avec la mention « Cédé » ou « Vendu pour destruction le [date] »
- un certificat de situation administrative (CSA) de moins de 15 jours, appelé couramment certificat de non-gage
- le formulaire Cerfa 15776 de déclaration de cession, généralement fourni par le centre VHU, à compléter et signer avec lui
- un mandat du propriétaire et des papiers d’identité si vous n’êtes pas le titulaire de la carte grise
Carte grise perdue, non mise à votre nom après l’achat du véhicule, véhicule issu d’une succession : la remise pour destruction reste possible selon votre situation, mais des justificatifs spécifiques peuvent être nécessaires. Par exemple, en cas de succession, il peut s’agir d’une attestation du notaire, d’un acte de notoriété ou, selon la situation, du certificat de décès accompagné d’une attestation des héritiers. Si la carte grise est encore au nom du précédent propriétaire parce que vous ne l’avez pas fait mettre à votre nom après l’achat, le certificat de cession ou la facture d’achat peuvent notamment permettre d’établir l’origine de la situation, mais des démarches ou justificatifs complémentaires peuvent être nécessaires. Renseignez-vous auprès du centre VHU avant la remise du véhicule afin de connaître les documents à fournir dans votre cas.
Le certificat de destruction
Lors de la prise en charge de votre voiture, le centre VHU vous remet un certificat de destruction. Ce document atteste que votre véhicule a été pris en charge pour destruction et permet notamment de résilier votre contrat d’assurance. Seul le centre VHU qui prend en charge votre véhicule pour destruction peut établir ce certificat. Il atteste que votre voiture a bien été prise en charge dans la filière réglementée. Conservez-le avec votre exemplaire du certificat de cession. Pour savoir à quoi il ressemble et comment vérifier qu’il est valable, consultez notre guide Certificat de destruction d’un véhicule : comment l’obtenir ?
En bref
« Vendre sa voiture au poids à un ferrailleur » est une expression courante, mais elle ne correspond pas à un simple calcul au kilo. Si vous remettez votre véhicule à un ferrailleur pour destruction, celui-ci doit également exercer comme centre VHU. Certains professionnels cumulent les deux activités.
Le poids et le cours des métaux peuvent influencer la valeur du véhicule, mais ils ne suffisent pas à déterminer un éventuel prix de reprise : la composition du véhicule, sa complétude et, selon l’activité du centre, le potentiel de réemploi de certaines pièces peuvent aussi entrer en compte.
Au moment de la prise en charge pour destruction, le centre VHU vous remet un certificat de destruction.
Questions fréquentes
Si le véhicule est destiné à la destruction, le professionnel doit exercer comme centre VHU, qu’il soit ou non également ferrailleur. L’absence de carte grise n’empêche pas nécessairement la remise pour destruction, mais des justificatifs spécifiques seront nécessaires selon votre situation.
Oui, à condition de la remettre à un professionnel qui exerce comme centre VHU agréé. Certains ferrailleurs ont aussi cette activité : ils peuvent alors prendre en charge le véhicule pour destruction. Un simple ferrailleur qui n’exerce pas comme centre VHU ne peut pas le faire.
La prise en charge d’un véhicule complet par un centre VHU est gratuite dans les conditions prévues par la réglementation. En revanche, le centre n’a aucune obligation de vous proposer un prix de rachat.
Sources
- Code de l’environnement, article R543-155 (remise d’un véhicule hors d’usage à un centre VHU, réception sans frais) — legifrance.gouv.fr
- Fiche « Destruction d’un véhicule » (F1468) — service-public.gouv.fr
- Code de la route, article R322-9 (cession pour destruction, certificat de destruction) — legifrance.gouv.fr
- Fiche « Véhicule non roulant » (F17375) — service-public.gouv.fr
- Code de commerce, article L410-2 (liberté des prix) — legifrance.gouv.fr
* Véhicule complet : véhicule qui conserve ses composants majeurs, à savoir sa carrosserie, son groupe motopropulseur, son pot catalytique et, pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables, sa batterie de traction. Un véhicule accidenté, en panne ou auquel il manque un élément secondaire peut tout à fait être considéré comme complet.
La gratuité peut ne pas non plus s’appliquer lorsque des déchets ont été ajoutés au véhicule ou lorsque des équipements non homologués augmentent substantiellement le coût de son traitement.